Sciences & politique (1) : L’hypothèse anti-politique

Dans cet article, je m’attaque à un gros morceau. La science peut-elle être politique ? Doit-elle l’être ? Pourquoi ça s’embrouille entre les sciences sociales et les sciences expérimentales ? Et, au fait, qu’est-ce que c’est, la science ? Beaucoup de questions compliquées, auxquelles je répondrai dans un (long) article, que je vous présente donc en plusieurs parties.

Ces derniers temps, j’ai participé à quelques débats plus ou moins houleux, qui ont motivé l’écriture de cet article. Étant à la fois scientifique dans l’âme, très attaché à la rationalité et au scepticisme, mais aussi politiquement très engagé, y compris dans mon approche du savoir, j’ai souvent eu à devoir me justifier du cumul de ces deux casquettes. Ayant à la fois une formation en sciences formelles et une grande admiration pour les sciences sociales, je me trouve également écartelé entre des représentations différentes, et parfois opposées, de la nature du travail scientifique.

D’un côté, un certain nombre de mes confrères des « sciences dures », ainsi que sceptiques et « zététiciens », rejettent l’idée qu’une démarche engagée puisse être véritablement scientifique. Souvent venus des sciences formelles ou expérimentales, ils se méfient parfois des sciences sociales, soupçonnées d’être trop orientées, pas assez rigoureuses, trop « politiques ».

De l’autre, les plus anti-universalistes de mes camarades rejettent les prétentions de la science à se distinguer comme plus légitime que les autres modes de production de discours ou de connaissance. Habitués à la remise en question de toute normativité, ils vont puiser dans les sciences sociales pour soutenir la thèse selon laquelle la science ne serait qu’un effet de légitimité au service de systèmes de domination.

Pour défendre à la fois l’engagement politique auprès des scientifiques et la science auprès des militants, les sciences sociales auprès des sciences expérimentales et vice versa, il va me falloir proposer une possible définition de la science qui me permette de rendre plus lisible comment sciences et politique s’articulent.

Rififi zététique

Cela fait quelques temps que je fréquente quelque peu la communauté zététicienne sur les réseaux sociaux, suffisamment, en tout cas, pour m’y être fait quelques amis et avoir participé à quelques émissions.

A son origine, la zététique était une entreprise, marginale à la communauté scientifique, d’étude des phénomènes paranormaux via les prismes du scepticisme et de la démarche scientifique. Tous les zététiciens n’y participaient pas pour les mêmes raisons : certains espéraient établir scientifiquement la véracité de certains phénomènes ; d’autres, convaincus de leur fausseté, voulaient révéler les ficelles de ce qu’ils considéraient comme des charlatans ; certains, enfin, également convaincus de cette fausseté mais également de la sincérité des magnétiseurs ou des médiums, souhaitaient mieux comprendre les mécanismes d’adhésion aux croyances dans le paranormal. La majorité, en tout cas, devait se situer quelque part entre les trois, et tous partageaient à la fois une confiance certaine dans la démarche scientifique et une forme de fascination pour le paranormal et ses mystères.

La massification des réseaux sociaux a participé à agrandir la communauté zététique, qui s’est agglomérée avec les tenants du scepticisme agnostique et athée (à la Richard Dawkins), ainsi qu’avec les tenants de l’auto-défense intellectuelle (à la Noam Chomsky), faisant évoluer le centre de gravité de cette communauté vers l’usage populaire, c’est-à-dire en dehors des cadres traditionnels du champ scientifique, de l’esprit critique et de la pensée rationnelle.

Les possibilités de mécénat collectif (ou « crowdfounding ») offertes par Internet ont permis la professionnalisation de certains de ses membres, tout comme le souhait grandissant des institutions éducatives de former leurs élèves à pratiquer par eux-même l’esprit critique. Pour contrer la propagation des fake news et le succès des raisonnements complotistes, négationnistes et pseudo-scientifiques sur Internet, l’Éducation Nationale et l’Enseignement Supérieur commencent à faire appel à des vulgarisateurs et des pédagogues expérimentés à lutter contre ces raisonnements, sous les labels « zététique » ou « esprit critique ».

Mais ce succès ne vient pas sans polémiques. En février dernier, le CORTECS, collectif de scientifiques et d’enseignants, installé à Grenoble, Montpellier et Marseille, respecté dans le milieu zététique et ayant la particularité d’assumer un coté politique à sa démarche, a publié un billet d’humeur intitulé « Grande braderie de l’autodéfense intellectuelle ». Dans cette lettre, ils mettent en garde contre les effets pervers et les possibles dérives de ce succès institutionnel de l’esprit critique et de l’autodéfense intellectuelle, menacés selon eux d’être instrumentalisés par les institutions éducatives et médiatiques.

« Les attentats qui ont agité la France et la médiatisation qui s’en est suivie ont crée un processus assez étonnant dont nous sommes un peu les victimes collatérales. La sphère intellectuelle médiatique et enseignante semble avoir trouvé son gadget : l’esprit critique. L’esprit critique redresse les délinquant.es, l’esprit critique ramène dans le droit chemin les complotistes, l’esprit critique calme les djihadistes, bientôt l’esprit critique redressera les sexes tordus et récurera même le linge. Il faut en mettre partout, même dans BFMTV ou dans Le Point, organes pourtant connus pour leur entreprise de décervelage des masses. Et nous dans tout ça ? »

Cette mise en garde contre une possible instrumentalisation de l’esprit critique, qui verrait sa médiatisation accompagnée d’un « affaiblissement » et d’une « dépolitisation », d’un détournement de son usage vers les seuls intérêts institutionnels, a été très mal reçue dans le milieu sceptique. Le ton employé, volontiers clivant, a participé à ce que ce billet d’humeur soit perçu comme une critique, non pas des institutions qui pourraient être amenées à instrumentaliser la zététique, mais de ceux qui, parmi les zététiciens, se « laisseraient instrumentaliser », voire, plus généralement, de ceux qui ne s’impliqueraient pas politiquement.

Levée de boucliers d’un certain nombre d’acteurs du milieu zététique, qui s’appuient sur les piques les plus acerbes du CORTECS pour accuser le collectif grenoblois de sectarisme. Pour eux, le CORTECS voudrait « exclure » ou « excommunier » de la zététique ceux qui ne partagent pas leurs dogmes, qui ne seraient pas assez à gauche, pas assez politisés. Un certain nombre de grands noms signent une réponse enjoignant au respect de toutes les démarches : « Nous comprenons que votre approche du scepticisme soit politisée, et nous respectons votre choix en la matière, mais nous pensons que vous devriez aussi respecter les autres démarches ». Un des signataires de cette lettre, Jean-Michel Abrassart, figure majeure du mouvement, publie dans un podcast une apologie de la zététique apolitique dans laquelle il rappelle les origines du mouvement et défend le droit, pour les zététiciens, d’investiguer le paranormal sans professer d’opinion politique.

Bref, l’incitation du CORTECS à se méfier de la récupération institutionnelle a été perçue comme une injonction à se positionner politiquement contre ces mêmes institutions. Face à ces critiques, le CORTECS s’est expliqué en défendant l’idée que ce n’est pas leur approche du scepticisme qui est politisée, mais que le scepticisme est politique par nature, et qu’un professionnel de la défense de l’esprit critique ne peut se priver de réflexions éthiques et politiques sur sa propre pratique.

Il me semble que, derrière ce désaccord de personnes, se cachent des conceptions différentes de ce qu’est le politique, de ce qu’est la science, et de comment les deux s’articulent. Pour les uns, l’engagement politique est un choix personnel, indépendant de la pensée sceptique, voire dangereux pour la justesse de celle-ci, puisqu’il introduirait un biais, voire des conflits d’intérêts. Ainsi, le site sceptique « La Menace Théoriste » possède une section consacrée aux idéologies, qui y sont présentées comme des menaces à l’esprit critique. Pour le CORTECS, en revanche, la démarche sceptique est intrinsèquement politique, qu’elle soit appliquée ou non au champ politique par ailleurs.

Pourquoi ces différences de point de vue ? Je pense qu’elles prennent leur source dans la nature de ce qu’est la science, dont le positionnement face au politique est en soi paradoxal.

Ce qui fait la science

Des définitions de la science, il y en a des dizaines, certaines plus pertinentes que d’autres. Aussi, il ne faut pas prendre ce que je vais dire comme une vérité absolue, mais comme une hypothèse de ce que sont, pour beaucoup d’entre nous, nos représentations de la science.

Mon hypothèse, c’est que la science est une entreprise de production rationnelle de savoir objectif. La démarche scientifique doit se comprendre comme un ensemble de techniques visant, via la rationalité, à produire du savoir indépendant de ceux qui le produisent : de leurs convictions, de leurs expériences personnelles, de leurs goûts, de leurs intérêts particuliers, de leur foi.

La démarche sceptique, en demandant « pourquoi crois-je ce que je crois ? », incite l’individu à identifier les déterminismes sociaux, culturels ou personnels qui ont amené ses convictions actuelles. Elle incite à remettre en question ses convictions et, ce faisant, à s’émanciper de ces déterminismes.

Pour un scientifique, le vrai, le juste, le démontré, c’est ce qui peut être vérifié de la même manière par tous. D’où le besoin, pour faire de la science, de se mettre d’accord sur des définitions rigoureuses qui ne laissent pas place à l’interprétation, de mener des expériences reproductibles, d’expliciter les démonstrations et le raisonnement, etc.

Ainsi, la scientificité peut être comprise une entreprise de dépolitisation, de désubjection, de déculturation, de desindividuation, au final, de deshumanisation de la production de connaissance.

De cette définition, découlent immédiatement deux observations. La première, c’est que cette entreprise de production dépolitisée de la connaissance est, en soi et paradoxalement, intrinsèquement politique. La deuxième, c’est qu’elle ne peut qu’être imparfaite.

La science comme combat

Première observation : si l’on comprend la science comme une entreprise de dépolitisation de la production de savoirs, alors son caractère politique apparaît clairement.

Prenons un exemple : le rejet de l’ad hominem. L’attaque ad hominem, qu’on confond souvent avec une insulte, est une méthode argumentative qui consiste à dévaluer un propos en fonction de la personne qui le porte. Si je dis, « tu as tort, parce que tu es un allemand et moi un français« , c’est une attaque ad hominem. C’est l’inverse, en fait, de l’argument d’autorité, qui consiste à dire « j’ai raison parce que je suis docteur et pas toi ».

Pour un sceptique, l’attaque ad hominem et l’argument d’autorité sont des sophismes, c’est-à-dire des arguments irrecevables. Les sceptiques considèrent qu’une phrase est juste ou fausse indépendamment de la personne qui la prononce. Mais cette simple considération est en soi politique : elle dit que nous avons tous la même légitimité à produire du savoir sur tous les sujets.

Et dire ça, ce n’est pas rien dire. Dans les sociétés de castes, comme la société féodale ou la société hindoue, la parole du noble vaut plus que celle du manant, y compris dans le rendu de la justice. L’Église catholique considère toujours la parole de son Pape comme infaillible. De nombreuses croyances, y compris actuelles, reposent sur l’idée que certains humains plus « éveillés » ont accès à des perceptions que d’autres n’ont pas, et que donc la parole des premiers sur ces sujets ne pourrait être remise en doute par les seconds. Dans un autre registre, il est courant, même à haut niveau de responsabilité, d’entendre des hommes dire que « ça irait beaucoup mieux » si les femmes s’abstenaient de parler de football, d’informatique ou de politique.

Bref, lutter contre les arguments ad hominem et d’autorité est significatif politiquement, et ce de manière très concrète. Bien sûr, de nombreux zététiciens ne le perçoivent pas comme ça, et considèrent juste que ces arguments sont à bannir car ils s’opposent à une saine recherche de la vérité. C’est exact, mais c’est ici la définition de la « vérité » qui n’est pas neutre politiquement : la « vérité scientifique » n’est pas la « vérité » tout court. Et il n’est pas neutre politiquement, pour un système de production de connaissances, de définir la vérité comme ce qui peut être vérifié de la même manière par tous.

De plus, en tant qu’entreprise de déculturation de la production de savoirs, la science rejette l’idée d’une vérité révélée qui nous serait invérifiable, inaccessible, indiscutable, ce qui n’est pas non plus neutre et qui sous-tend une idée de la vérité spécifique. La vérité scientifique est une vérité accessible à l’humain. C’est au nom de cela que la science renonce à produire sur tout un tas de sujets : l’existence ou la non-existence de divinités, par exemple.

Bref, la science cherche à produire du vrai qui ne serait pas arbitraire, qui appartiendrait à tous les humains et seulement aux humains, et que chacun pourrait remettre en question à tout moment. La démarche scientifique, politiquement, est une technique de production de savoirs qui mets la rationalité au service des idéaux du libéralisme démocratique des Lumières :

  • humanisme, car la vérité est accessible aux humains ;
  • égalitarisme, car tout le monde est également légitime à participer à la production de connaissance ;
  • universalisme, car la vérité scientifique est unique et la même pour tous et partout ;
  • individualisme, car un individu seul peut avoir raison face à la majorité.

On peut d’ailleurs trouver des points commun entre le rationalisme scientifique et le rationalisme législatif, qui, via le constitutionnalisme et l’état de droit, cherche à dépolitiser et à déshumaniser le rendu de la justice, en s’assurant qu’un juge ne puisse condamner quelqu’un que dans les bornes d’un cadre déterminé et rationnel, que tous soient jugés si possible de la même manière (concept de jurisprudence), que la société puisse elle-même changer les lois qui la régisse, etc.

On trouve, dans les deux mêmes démarches, la volonté de lutter contre l’arbitraire, dans la production de connaissance comme dans le rendu de la justice. L’entreprise scientifique ainsi comprise est donc, non seulement politique, mais plus encore : elle est destinée à s’opposer au pouvoir, qu’il soit politique, religieux, ou médiatique, en ce qu’elle vise à le limiter, à lui ôter sa capacité à décider arbitrairement du vrai.

C’est là un premier paradoxe : sa poursuite de la neutralité politique est un engagement politique en soi. La science n’est pas apolitique : elle est anti-politique.

On pourrait également noter que l’entreprise scientifique n’est pas seulement politique dans sa nature , mais qu’elle est également encapsulée dans un espoir de transformation de la société via la technologie. Mais, cela, j’y reviendrai dans un article suivant.

Une autre incomplétude

Deuxième observation : si la science est une entreprise de deshumanisation de la production de connaissance, alors elle ne peut être qu’imparfaite (du moins tant qu’elle sera produite par les humains, je ne m’engage pas pour une éventuelle après-singularité technologique). Une fois les choses posées comme cela, elles sont assez évidentes : tout savoir énoncé porte avec lui la trace culturelle de celui qui l’énonce, ne serait-ce que dans la langue et le langage employés pour l’énoncer.

Nombreux sont les scientifiques qui sont ou ont été attachés à l’idée que la méthode scientifique bien réalisée produirait des connaissances politiquement et culturellement pures, neutres et objectives. Aujourd’hui, et grâce aux sciences sociales (notamment la sociologie des sciences),  nous en savons assez pour comprendre qu’une telle confiance est aussi naïve que celle d’Albert Michelson in qui pensait, en 1903, que les scientifiques avaient bientôt fini de tout comprendre à la matière, et que, selon toute probabilité, il ne restait plus que deux-trois points de détails à régler avant d’avoir définitivement bouclé les sciences physiques(1).

Il existe en effet une myriade de moyens par lesquels l’idéologie d’une société se retrouve infusée dans la production scientifique de connaissance. Prenons par exemple la biologie, et plus exactement la reproduction sexuée.

La phrase « un fœtus est formé par la fécondation d’un ovule par un spermatozoïde » est parfaitement factuelle, mais pourtant, le terme fécondation n’est pas neutre : il rend le spermatozoïde actif et l’ovule passif. Le spermatozoïde féconde, l’ovule est fécondé. Le terme de fécondation signifie que c’est le spermatozoïde qui vient apporter la vie, donc que c’est lui qui contient la vie. Nous pourrions dire, à l’inverse, « un fœtus est formé par l’absorption d’un spermatozoïde par un ovule ». Ici, ce serait l’ovule qui serait actif. Ou alors, plus neutre, « un fœtus est formé par la fusion d’un ovule et d’un spermatozoïde ».

Au final, il n’y a pas de moyen de décrire la formation d’un fœtus qui ne porte en soi un discours sur la place relative des mâles et des femelles dans la société. Et ces représentations scientifiques ont des conséquences sur les représentations populaires : dans nos représentations de la sexualité, le spermatozoïde est un sportif, un compétiteur qui fait la course, alors que l’ovule est tout au plus le terreau fertile qui ne sert qu’à attendre la graine, la semence. Et, comme la graine est le futur arbre à elle seule, nous prenons l’habitude de penser le spermatozoïde comme le futur humain à lui seul. Cela amène à une représentation de la femme comme d’un lopin de terre à féconder, représentation qui ensuite a des conséquences sur les rapports sociaux.

Outre la question du langage, la question des objets d’étude, également, traduit des rapports de force politiques. Dans le règne animal, par exemple, nous connaissons beaucoup mieux le fonctionnement des différents pénis que celui des vagins. Une progression différenciée de la connaissance scientifique qui n’est pas étrangère à la prédominance masculine dans la production de ces savoirs (comme le mets en valeur un épisode récent de Dirty Biology).

Bref, tout comme l’étude de la matière est infiniment complexe, la neutrification l’est également : la science ne peut que tendre vers la neutralité politique et culturelle sans jamais l’atteindre. Un adage bien connu dit que la démarche scientifique ne consiste pas à être dans le vrai, mais à être de moins en moins dans le faux. Il est tout aussi juste de dire que la démarche scientifique ne consiste pas à produire du savoir objectif mais à produire du savoir de moins en moins subjectif.

Double mythe

Ainsi, la science s’est construit en partie sur un double mythe : celui de l’apolitisme de la science dans ses buts, et celui de l’apolitisme de la science dans ses résultats.

Il faudra attendre les sciences sociales, et notamment le matérialisme sociologique appliqué aux sciences, pour remettre en question cette vision idéalisée de la science. Et encore, cette remise en question sera des plus timides, et nombre de scientifiques de nos jours sont encore convaincus de l’apolitisme total de leur pratique (sans quoi je n’aurai pas à écrire cet article).

Pourquoi donc est-il aussi difficile pour les sciences sociales de faire entendre leur critique des sciences à leurs confrères ? Et d’ailleurs, pourquoi cette séparation aussi nette entre sciences sociales et sciences expérimentales dans les cursus, les institutions, les pratiques ? J’aurai également des hypothèses à ce sujet, que je vous réserve pour la suite de cette série.

1. Albert Michelson, et non pas Lord Kelvin comme dit un peu partout, et comme je l’ai dit par erreur. Merci de m’avoir corrigé. La citation de Michelson : « The more important fundamental laws and facts of physical science have all been discovered, and these are so firmly established that the possibility of their ever being supplanted in consequence of new discoveries is exceedingly remote. […] Many instances might be cited, but these will suffice to justify the statement that our future discoveries must be looked for in the sixth place of decimals ».

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8 réflexions sur « Sciences & politique (1) : L’hypothèse anti-politique »

  1. Merci pour cet article !

    Quelques remarques en vrac :
    * Je pense que dire la science apolitique, c’est fondamentalement la penser au dessus du politique : la science ne se préoccupe pas des querelles gauche / droite, elle est la même quel que soit l’orientation idéologique du pouvoir en place. Je crois que le XXème siècle a apporté quantité de preuves de l’inanité de cette proposition. Je pense en particulier à la revendication scientifique de l’Allemagne nazie, à la dénonciation par Stark et Lenard (entres autres) de la science juive au profit de la science aryenne.

    * Dans la même direction, l’approche scientifique ou zététique s’imagine souvent que les éléments de réponses qu’elle apporte sont dépourvus de caractère politique parce que ses auteurs n’ont pas eu l’intention d’en mettre. Je me rappelle d’une discussion sur le site de la Théière cosmique à propos du riz doré : puisqu’il existe une solution technique à la carence en vitamine A de certaines populations d’asie du sud est, il serait obscurantiste (par opposition à scientifique) de s’y opposer. Cette approche évite de se poser la question politique des raisons pour lesquelles une population se met à développer une agriculture qui ne lui permet plus de survivre…

    * L’exemple de la fécondation est excellent, je m’en resservirai avec plaisir ! A la question du vocabulaire s’ajoute sans doute celle de la langue : vous écrivez en Français. La recherche se fait exclusivement en anglais à l’heure actuelle. La science était latine jusqu’à il y a pas si longtemps.

    Un contre exemple peut être avec la capacité de la science à former un langage factuel qui lui est propre.
    ∃L∈ℝ, Ɐε>0, ∃x0∈D, Ɐx>x0 |f(x)-L|<ε

    * Il me semble qu'une dimension politique cruciale de la science et de la zététique se situe dans le choix des sujets traités. Pourquoi soumettre tel sujet à l'étude ou au doute, et pas tel autre ?

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  2. Bien le bonjour Docteur Charpi,
    Je vous remercie pour cet excellent billet. Pourriez-vous me contacter directement par mail pour que l’on discute de la possibilité d’une copie de votre texte sur un autre site ?
    Très cordialement

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  3. Une petite faute de frappe : ‘règne’ animal et non ‘règLe’. Je me réjouis de lire la suite 😉 !

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  4. Article intéressant ! Néanmoins il me semble que la partie sur la zététique ne s’y insère pas très bien (c’est intéressant par ailleurs, mais peut-être pour un autre article) – peut-être un peu long pour une illustration de ton propos.

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    1. Merci du retour ! Il est en effet possible que l’introduction n’intéresse pas tout le monde, mais c’était l’occasion pour moi d’aborder la question. J’ai hésité à le faire, puis je l’ai fait quand même.

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