Le sourcil

Dans ce nouvel article des Milléniologies, nous parlons de cet être étrange qu’est le « youtubeur ».

Dans la très large palette des mimiques faciales, celle qui semble caractériser le plus le portrait de youtubeur, c’est probablement l’écarquillement d’un œil, avec un sourcil froncé et l’autre haussé. Un signe qui se décline en toute une palette d’expressions selon l’image que le vidéaste souhaite donner de lui : la gravité, la pitrerie, la surprise, la concentration, le dégoût, la moquerie…

Si les youtubeurs partagent la même plateforme de diffusion de vidéos, il serait faux de penser qu’ils partagent tous le même métier. S’ils s’exprimaient sur d’autres médias, certains seraient qualifiés de comiques et d’autres de journalistes, certains d’artistes et d’autres de critiques littéraires ou cinéma, certains de vulgarisateurs scientifiques et d’autres d’essayistes ou d’éditorialistes, certains de professeurs ou conseillers (en maquillage, cuisine, ou bricolage), d’autres de documentaristes.

Néanmoins, le succès de ce signe du sourcil dressé, si spécifique aux youtubeurs, nous permet de retrouver une unité entre tous, de Cyprien au Joueur du Grenier, d’Usul à  Bruce Benamran, de François Theurel à Mathieu Sommet, de La Tronche en Biais à Piewdiepie (du moins, entre tous les youtubeurs hommes : pour une raison que je ne m’explique pas, je n’ai pas trouvé de youtubeuses effectuant cette mimique). Même Alain Soral, qui est un youtubeur atypique, mais un youtubeur tout de même, fait discrètement dans ses portraits ce signe du sourcil, comme le fait aussi Stromae, le musicien belge un temps passée par la case « YouTube ».

La symbolique que véhicule l’écarquillement d’un œil traduit l’état d’esprit constitutif de la youtubeuréité, propre aux utilisateurs de ce média, conscience à la fois de communauté, de classe et de génération.

Les youtubeurs comme leurs publics ont, à quelques exceptions près, entre 15 et 35 ans et font partie de cette fameuse génération Y, la génération « quoi » qui n’en finit pas d’être jeune. La « communauté youtube » est majoritairement issue de deux catégories sociales en plein rapprochement : un prolétariat de plus en plus instruit et une petite-bourgeoisie intellectuelle de plus en plus précarisée. La perméabilité s’accroit entre ces deux classes qui ont en commun d’être sous-employées (ou « surdiplômées », selon d’où l’on se place). Enfin, la « communauté youtube » est unie dans l’usage commun d’un média encore illégitime et presque entièrement coupé des institutions de pouvoir.

Comme nous allons le voir, c’est cette « génération youtube » qui laisse transparaitre son rapport au monde et à elle-même dans ce signe susfacial tout en dualité.

Untitled
Pour être honnête, ça m’amuse beaucoup de mettre Soral dans cette compilation.

L’un des leurs

Le froncement d’un sourcil, en tant que geste du regard, attire l’attention vers l’œil ouvert du youtubeur, créant ainsi un contact visuel qui semble réciproque, une complicité immédiate et une identification individuelle au vidéaste ainsi portraitisé.

Ce qui fait d’un vidéaste un youtubeur, outre le média utilisé, c’est qu’il se met en scène à l’image, majoritairement seul, pour s’adresser, sans jouer de personnage, à son public. En cela, la vidéo de youtubeur s’apparente au stand-up ou à la conférence, deux formats vers lesquels se tournent naturellement les youtubeurs quand ils interviennent hors de l’Internet.

Mais, si les dispositifs de la conférence et du spectacle de stand-up créent une distance entre l’artiste, seul et sur une estrade, et son public d’anonymes, la vidéo sur YouTube les rapproche. C’est filmé de face, dans sa chambre, son salon, assis à son bureau ou sur un canapé, que le youtubeur invite celui qui le regarde dans son intimité pour discuter à la même hauteur. La convivialité qui en résulte se retrouve également dans le niveau de langage employé, qui est celui de la vie quotidienne et de la discussion entre amis.

Le youtubeur alterne entre le tutoiement et le vouvoiement, selon qu’il s’adresse à son spectateur ou à ses spectateurs, créant avec eux à la fois le sentiment d’un lien individuel et égalitaire et un sentiment d’appartenance à une communauté de fans. Ce statut est encore renforcé par le modèle économique des youtubeurs, présenté comme populaire et participatif. Lancer sa propre chaîne est assez simple pour qu’on puisse le penser comme accessible à tous, et le succès des vidéastes est suspendu à la mobilisation de ses spectateurs, qui sont chargés de la diffusion des vidéos via les réseaux sociaux, parfois même de rémunérer directement le vidéaste via des plateformes de mécénat collectif.

Ainsi, à bien des aspects, le youtubeur se présente comme un primus inter pares, un « premier parmi les pairs », et cela se retrouve dans ses portraits. Le sourcil dressé, geste fugace figé par la photographie, évoque ainsi la spontanéité, et donc l’intimité, la proximité, la convivialité. Mais le sourcil dressé démarque également : par une expression non-neutre, non-conformiste, il signifie l’affirmation personnelle, l’individualité du vidéaste. Le youtubeur, par ce signe, se distingue tout en se rendant accessible.

Se manifeste ainsi, dans ce milieu social, un attachement paradoxal, à la fois à l’individualité (respect des accomplissements personnels et de l’expression de soi) et au collectif (envie d’égalité et de fraternité communautaire), qui est loin d’être spécifique à YouTube.

Cette tension entre affirmation individualiste et idéalisation du collectif préside depuis longtemps aux valeurs de la culture hacker, qui est aux origines d’Internet, et aux valeurs, plus anciennes encore, de la communauté universitaire. En réalité, on retrouve cette tension dans bien d’autres milieux artistiques et culturels, tant cet état d’esprit semble typique de la petite-bourgeoisie intellectuelle.

La place du passager

Si elle caractérise le rapport du youtubeur à son public, la mimique du sourcil dressé caractérise également la posture qu’il adopte face au monde et, avec lui, l’attitude générale de la jeunesse youtubisante quant à la société.

Le sourcil haussé marque une distance d’avec l’objet observé, qu’il s’agisse de cinéma, de science, de politique, de jeu vidéo ou d’actualité. Cet œil écarquillé porte un regard extérieur, dégagé, mi-surpris, mi-dubitatif. Mais ce détachement d’un œil se nuance avec le froncement de l’autre, qui indique l’acuité, la lucidité, la compétence ; c’est l’œil du spécialiste, du connaisseur. La non-neutralité de l’expression nous indique de plus qu’il sera un regard original, différent, peu conforme. L’addition des trois nous donne un regard extérieur mais critique, pas impliqué mais pas dupe non plus, qui ne participe pas mais qui a tout de même un avis singulier à donner.

Cette posture, celle du jugement extérieur critique, voire cynique, se retrouve dans la manière dont les youtubeurs abordent les différents sujets qu’ils traitent. Nombreuses sont les chaînes de critique de cinéma, de jeux vidéos, de produits de beauté. Les youtubeurs comiques puisent, soit dans les situations du quotidien (à la manière des stand-uppers), soit dans la critique moqueuse de mauvais films, de mauvais jeux vidéos ou d’autres vidéos youtube. Le youtubeur le plus suivi de la plate-forme, Pewdiepie, se filme en jouant à un jeu vidéo tout en commentant ce qui s’y déroule.

Cette position n’est pas non plus absente des chaines de vulgarisation scientifique ou historique. On connait les émissions scientifiques télévisuelles, souvent adressées aux enfants, qui privilégient la description des mécaniques biologiques, astrophysiques ou industrielles. La presse scientifique, souvent à destination des adultes, s’oriente avant tout sur les nouvelles découvertes et le front de la recherche. Les émissions sur youtube, elles, privilégient pour la plupart soit la narration (où sont abordés les apports successifs de différents chercheurs sur un sujet donné, mais également leurs erreurs et leurs imprécisions), soit l’insolite, soit le « débunking », c’est-à-dire la critique d’une thèse ou d’un propos tenu par d’autres. Trois angles qui créent un espace pour le commentaire, l’avis personnel du youtubeur.

Enfin, les chaînes qui abordent des questions plus théoriques prennent souvent le parti d’incarner leurs propos. Ainsi, si l’émission « Chroma », de Karim Debbache, présente un discours de fond sur le cinéma, chacune de ses vidéos est consacrée à un film donné, dont la critique illustrera le message que veut délivrer l’émission : chaque film incarne un propos particulier, que l’on découvre en conclusion, comme une morale. De la même manière, « Mes Chers Contemporains » d’Usul délivre des analyses politiques incarnées dans une critique du parcours ou du propos d’une personnalité : un épisode consacré à Olivier Besancenot permet de parler du trostkysme, un épisode consacré à Elisabeth Lévy dénonce les discours islamophobes, etc. Ce choix de l’incarnation comme outil de vulgarisation sur Internet montre l’importance de la critique, pour ne pas dire du jugement, comme forme privilégiée du discours du youtubeur.

Parler à son double

On retrouve le double positionnement, détaché du monde / lucide sur le monde, dans le ton qu’adoptent les youtubeurs, souvent qualifié de « décalé ». Outre la familiarité dans le langage, certains effets de styles sont récurrents, comme par exemple un lampshading quasi systématique des passages les plus complexes ou les plus difficiles à suivre. En effet, quand son propos devient trop technique, le youtubeur, par une mimique s’adressant au spectateur, insiste de manière comique sur la complexité propos qu’il vient pourtant de tenir, permettant de désamorcer les réticences de celui-ci tout en créant une complicité avec lui, complicité créée dans un jugement porté sur son propre discours.

Certains youtubeurs vont jusqu’à se dédoubler, en alternant au montage différentes  versions d’eux-mêmes, leur permettant de mettre en scène des conservations. Souvent, lorsqu’un youtubeur utilise cette méthode, son moi principal déroule son propos, et son ou ses alter ego se permettent des interruptions régulières qui permettent de prendre de la distance avec le sujet : blagues, commentaires, critiques… Ce dialogue entre le youtubeur et lui-même apporte du rythme à son discours, lui permettant de maintenir l’attention de son public dans un effet de zapping permanent, mais il marque également la dualité entre engagement et dégagement du youtubeur, qui s’implique dans son sujet sans s’y impliquer totalement, dont une part de lui est investie dans son discours et une part de ne l’est pas.

Enfin, ce dédoublement marque la dualité entre verticalité et horizontalité qui caractérise le rapport au savoir du primus inter pares dont nous parlions tout à l’heure : alors que l’un des avatars du youtubeur délivre un propos savant, vertical, l’autre (ou les autres) viennent créer de la convivialité, devancent les questions ou remarques que pourrait avoir le spectateur, font des remarques ou des blagues complètement hors-sujet… Bref, ils interrompent le propos vertical, le font descendre de son piédestal, et créent la représentation d’une horizontalité dans laquelle serait inclus le spectateur. Cette horizontalité est certes artificielle (c’est le vidéaste qui prévoit et mets en scène ces interruptions), mais le choix de cette mise en scène traduit une certaine aspiration communautaire.

Il se pourrait que ce soit là que se retrouve le « décalage » dans le ton : un refus de se mettre en scène comme au-dessus tout en revendiquant néanmoins une compétence, c’est-à-dire un refus de la déférence quant au savoir.

Ceux du dehors

On retrouve donc, dans ce geste du sourcil, trois dualités au cœur de la posture du youtubeur, lui-même représentant les valeurs et les attentes de son public : une dualité dans le rapport au monde, entre jugement et dégagement, une dualité dans le rapport au collectif, entre idéal communautaire et affirmation individuelle, et une dualité dans le rapport au média, entre verticalité et horizontalité.

Ce geste du sourcil, au final, est à la fois un signe de reconnaissance et un signe envoyé au monde : à son public, le youtubeur dit « je suis l’un des vôtres », qui ne se place en position verticale, en position d’autorité, que le temps de la vidéo.  Mais il dit aussi « je regarde le monde comme vous », un sourcil haussé, un sourcil froncé, comme si depuis l’Internet il regardait le monde sans y appartenir, comme s’il n’y prenait pas vraiment part mais qu’il tenait tout de même à donner son avis.

Ce regard, comme nous le disions, émane bien d’une conscience de classe, de génération, et de communauté. Il est bien le regard d’une petite-bourgeoisie intellectuelle précarisée et d’un prolétariat instruit, qui disposent des outils théoriques pour observer et analyser le monde, mais rarement des moyens de traduire leurs discours en actes, des leviers de pouvoir leur permettant de faire plutôt que d’observer. Il est bien le regard des utilisateurs d’Internet, un média « virtuel », contrairement à la télévision et à la presse écrite, qui font elles partie intégrante du « monde réel ». Il est, enfin, le regard d’une jeunesse qui avance en âge sans pour autant accéder ni aux emplois stables ni aux responsabilités.

Le sociologue Louis Chauvel, dans une étude sur le ralentissement générationnel, pointe que l’âge moyen du responsable politique ou syndical est passé de 45 ans en 1982 à 59 ans en 2000, soit une augmentation de 14 ans en 18 ans. Cette statistique n’est qu’un indicateur d’un phénomène plus vaste qu’il se donne à étudier : le non-renouvellement générationnel aux postes à responsabilité.

Et il ajoute : « Au bout du compte, le risque central est celui d’une déprise vis-à-vis du politique. Le problème central est ici l’absence des nouvelles générations du jeu politique institutionnel traditionnel (qui est jusqu’à présent le seul à avoir un impact clair sur la prise de décision politique), voire son rejet, alors même qu’il existe contrairement aux idées reçues une réelle politisation de la nouvelle génération ».

Le même constat pourrait être fait dans bien d’autres milieux que le champ politique.

Exclue des responsabilités dans les institutions traditionnelles, la « génération YouTube » cherche (et parfois obtient) sa réalisation dans des lieux de socialisation lui appartenant, où il est possible d’y trouver une place, ou qui correspondent plus à ses valeurs. Et c’est depuis son monde virtuel que, un sourcil haussé, un sourcil froncé, elle regarde tourner, dubitative, le monde des adultes.

 


Merci à Irma de m’avoir fait remarquer cette récurrence de la mimique du sourcil chez les portraits de youtubeur. Son blog se trouve ici, et c’est plein de bédés chouettes : http://globelami.blogspot.fr/. Irma, je relance d’un Soral.

5 réflexions sur « Le sourcil »

  1. Remarque éveillée par la lecture de l’article : intéressant que des hommes se mettent en scène dans leur salon/chambre/espace privé, lieu traditionnellement marqué comme « féminin ».

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  2. Si c’est un exercice de sémiologie, alors, tu peux tout te permettre, en effet. On entend souvent par ce terme un exercice littéraire, dégagé des laborieuses contraintes de la démonstration.

    Disons que j’étais surpris de lire des associations d’idées aussi débridées et peu argumentées sous ta plume, étant donné que je t’associe (peut-être à tort) à la pensée rationnelle et à la rigueur scientifique.

    Le haussement de sourcil est un gimmick très ancien dans les cultures médiatiques. On le retrouve partout à Hollywood et dans les productions dont les actuels trentenaires ont été abreuvés :


    Dès lors, en faire l’un des signes importants de la culture spécifiquement « youtuber » me semble contestable, et cette jonction est au départ de ton article.

    Autre problème au départ (cf ta compilation), tu amalgames sous ce « signe » une multitude d’expressions faciales, tantôt légères et souriantes (Sommet), tantôt comiques et « cartoonesques » (le fossoyeur), tantôt circonspectes (acermandax) ; de personnages aux « sourcils » tantôt burlesques (Cyprien), tantôt pédants (Usul)… Bref, tu recomposes a posteriori une unité qui n’existe certainement pas dans l’intention des acteurs et dans leurs mises en scène.

    Tout ton passage « ceux du dehors » me semble relever de la surinterprétation. Interpréter – du moins interpréter « sociologiquement », c’est-à-dire avec garde-fous – le haussement de sourcil comme un signe de reconnaissance, émanant d’une conscience de classe et de génération, nécessiterait de s’appuyer à minima sur des observations concrètes et circonstanciées et/ou sur verbatims des acteurs (de ce haussement de sourcil) qui accréditeraient cette hypothèse, directement ou indirectement.

    Mais tu as sorti la carte de la « sémiologie », alors tu peux décemment tout te permettre 😉

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    1. Je suis pas du tout d’accord avec toi sur la sémiologie – même si je reconnais que c’est pas ce qu’il y a de plus rigoureux comme méthode démonstrative, on ne peut pas « tout se permettre » avec la sémiologie, il me semble qu’il est possible de critiquer un article de sémiologie, tu y arrives d’ailleurs très bien.

      J’essaie d’être rationnel autant que possible, rigoureux en fonction de mes moyens (note que ce n’est pas la même chose), mais bon, ça m’arrive de sortir de ça aussi (figure-toi que j’écris de la poésie aussi, et même que j’y prends plaisir :p ). En l’occurrence, les textes des « Milléniologies » s’inspirent des « Mythologies » de Roland Barthes, et j’assume qu’ils ne soient pas les plus rigoureux du monde – mais ça ne veut pas dire que je refuse toute critique pour autant.

      Tiens, parlons de tes critiques, maintenant.

      >> Le haussement de sourcil est un gimmick très ancien dans les cultures médiatiques. On le retrouve partout à Hollywood et dans les productions dont les actuels trentenaires ont été abreuvés. Dès lors, en faire l’un des signes importants de la culture spécifiquement « youtuber » me semble contestable, et cette jonction est au départ de ton article.

      Je reconnais que c’est un parti-pris. Il me semble juste et pertinent (même si ce signe existait avant youtube), mais c’est effectivement contestable. Pour le coup, j’ai pas les moyens de démontrer quantitativement que les youtubeurs utilisent vraiment souvent ce gimmick.

      >> Autre problème au départ (cf ta compilation), tu amalgames sous ce « signe » une multitude d’expressions faciales, […] Bref, tu recomposes a posteriori une unité qui n’existe certainement pas dans l’intention des acteurs et dans leurs mises en scène.

      Ça, en revanche, je ne le vois pas comme un problème : unifier des choses différentes en fonction de caractéristiques communes, ça s’appelle « définir » et c’est assez courant en science.

      >> Interpréter […] le haussement de sourcil comme un signe de reconnaissance, émanant d’une conscience de classe et de génération…

      Pour « signe de reconnaissance », il faut le voir au sens « inconscient » du terme. Je sais bien que pour un sociologue, c’est un peu short, mais en revanche, en terme de sémiologie (d’étude du signe et de sa signification), j’ai l’impression que je m’en sort. Mais bon, je reconnais que je suis un amateur sur le sujet. Dans « exercice de sémiologie amateur », c’est plutôt le mot « exercice » qui est important :p

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  3. « Ce regard, comme nous le disions, émane bien d’une conscience de classe, de génération, et de communauté. Il est bien le regard d’une petite-bourgeoisie intellectuelle précarisée et d’un prolétariat instruit, qui disposent des outils théoriques pour observer et analyser le monde, mais rarement des moyens de traduire leurs discours en actes, des leviers de pouvoir leur permettant de faire plutôt que d’observer.  »

    Un cas typique de ce que l’on appelle en sociologie – discipline que tu as l’air d’apprécier – la surinterprétation.

    A moins que tu ne souhaites faire de l’essayisme (auquel cas tu peux te permettre toutes les élasticités démonstratives), je te conseille de lire cet article de Lahire sur le sujet : https://enquete.revues.org/373

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    1. C’est une tentative d’article de sémiologie amateure, donc la limite avec l’essayisme est assez floue (notamment pour des raisons de moyens). Mais merci pour cet article, il est passionnant. En revanche, j’ai du mal à voir où est ma surinterprétation exactement. Si c’est sur le terme « conscience de classe », effectivement, il me plaît moins en le relisant (on est plus dans de l’inconscient que du conscient). Si c’est sur autre chose, je ne vois pas.

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