Le parti de l’Apocalypse

Toujours dans ma série des Milléniologies, je m’intéresse cette fois à un parti politique : l’UPR, le parti de François Asselineau. Cet article ne s’adresse pas qu’à celleux qui connaissent l’UPR, car ce qui m’intéresse ici, c’est ce que le succès (relatif) de l’UPR révèle au-delà de lui-même, et ce que l’on peut en apprendre sur notre société en général.
Bonne lecture.

Toute en ton de gris, la silhouette d’un rameau d’olivier, celui qui était gravé sur les anciennes pièces de un franc. En-dessous, une barre bleu-blanc-rouge très épurée. Le logo évoque plus le médaillon d’un ministère qu’il ne fait penser à un parti politique. Le nom, « Union Populaire Républicaine« , est en lui-même vieillot, consistant en trois mots « passe-partout » choisis « sans aucune arrière-pensée » (1). A l’heure des MoDem, des « En Marche !« , des France Insoumise et autres trouvailles de communicants, le nom de l’UPR et son logo sont à la fois neutres politiquement et situés temporellement – quelque part dans le passé, avant le tournant du millénaire.

Il en est de même de la personnalité autour de laquelle le mouvement est construit. François Asselineau est un ancien haut fonctionnaire, qui a été directeur de cabinet de Françoise de Panafieu et de Charles Pasqua, qui parle avec l’assurance de l’énarque et un je-ne-sais-quoi d’aristocratique. Il est surtout connu pour ses conférences, dans lesquelles il aborde de nombreux sujets, depuis la géopolitique jusqu’à l’histoire de France, et dans lesquelles il se pose presque en universitaire, en chercheur, en technicien. C’est en tant qu’autorité intellectuelle objective qu’il prétend poser un diagnostic de la situation politique française, qui est d’ailleurs son message quasi-unique : il faut sortir de l’Union Européenne, du traité de Maastricht, et de la zone euro.

Son message est répercuté par les nombreux militants qu’il a rallié à sa cause : s’il est rare les croiser dans des actions collectives, comme des manifestations ou des conférences-débats, ils sont des colleurs d’affiche très efficaces et sont très présents sur Internet, dans les sections « commentaires » des sites participatifs. Ils sont également très actifs pour réclamer aux chaines de radio et de télévision qu’elles offrent plus d’espace de parole à leur champion, contactant directement les journalistes et les programmateurs.

Leur nombre est conséquent, leur implication semble sans faille, et leur comportement et leurs discours sont souvent répétitifs, tournant autour de la nécessité de sortir de l’Union Européenne, de l’importance de regarder les vidéos de François Asselineau, et de l’injustice du « boycott » de ce même Asselineau par les médias. Un comportement qui leur a valu d’être qualifié de « plus gros forceurs des Internet » par le vidéaste Usul, pour qui il est « impossible de poster une vidéo sur [Youtube] sans crouler de commentaires » invitant à découvrir les conférences d’Asselineau.

Une pratique militante invasive et stéréotypée, dont la parodie tourne principalement autour de la phrase « vous connaissez l’UPR ? », que l’on retrouve dans un certain nombre de mèmes comiques à leur sujet.

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Si les militants de l’UPR sont si moqués, ce n’est pas tant pour le fond de leur propos que pour leur comportement en général, vu comme « déviant » dans le milieu militant car évoquant la démarche d’évangélisation religieuse plus que le militantisme traditionnel. Le champ lexical de la secte est souvent employé pour décrire l’UPR et son dirigeant « gourou », ses militants comparés à des Témoins de Jéhovah et décrits comme « sectaires » et « fanatisés ».

Si les militants de l’UPR ont un comportement si particulier, c’est que l’UPR lui-même est un parti atypique, même si, comme nous allons le voir, il se situe au croisement de différentes tendances de la politique contemporaine, tendances qu’il vient à la fois conjoindre et sublimer.

La politique sans gluten

Nombreux sont les observateurs qui classent l’UPR à droite, voire à l’extrême-droite. Les arguments pour se faire sont nombreux : le profil de François Asselineau, plutôt gaulliste bon teint, ses liens avec les réseaux d’extrême-droite (via notamment les sites de « réinformation »), son nationalisme anti-atlantiste et anti-européiste sont autant de marqueurs qui le placent à la droite de l’échiquier politique.

Néanmoins, cette catégorisation est rejetée par les militants de l’UPR eux-mêmes, et ce, non sans raisons. Nombre d’entre eux viennent de la gauche, ou, du moins, se revendiquent comme tels. L’UPR semble transcender les clivages, et le cœur du propos de ce parti est contenu dans son slogan : « l’union du peuple pour rétablir la démocratie ». Et s’il s’agit de la rétablir, c’est que pour l’UPR, nous ne vivons pas en démocratie.

La critique de la république parlementaire comme « non-démocratique » est souvent vu comme un marqueur de gauche, mais dans le discours de l’UPR, elle aboutit à l’étonnante conclusion que tout engagement politique est vain, qu’il soit de gauche comme de droite, tant que les conditions nécessaires à la vie démocratique ne seront pas de nouveau réunies.

En conséquence, là où les autres partis politiques prennent position sur un grand nombre de sujets – de la politique budgétaire à la question méritocratique, du burkini aux questions de handicap, de l’écologie à la prostitution – le discours de l’UPR relègue toutes ces questions au second plan, posant comme prémisse qu’aucun changement politique ne pourra se faire en France tant que nous ne sortirons pas de l’Union Européenne et de l’OTAN.

Le propos d’Asselineau est d’appeler à une trêve entre tous les courants politiques, un rassemblement du peuple dans son ensemble pour sortir de l’Union Européenne, sur la conviction que, tant que cette institution existera, elle tiendra les manettes de toutes les décisions prises en France et que donc, en réalité, il n’est pas vraiment utile de faire de la politique.

Le discours de l’UPR se présente avant tout comme apolitique, voire anti-politique. A l’image des tagliatelles sans gluten, qui sont des non-aliments pour non-consommateurs, l’UPR est un parti non-politique qui s’adresse avant tout à des non-citoyens, jouant sur leur sentiment de dépossession démocratique, d’incapacité décisionnelle, de perte de repères politiques, et leur promet le retour de la démocratie, la vraie, la véritable, celle qui parait-il existait à une époque, quand nous utilisions le franc.

Il s’agit d’un des aboutissements possibles du processus de dépolitisation de la politique entamé depuis plusieurs décennies en France, et sur lequel je voudrai digresser rapidement.

Un long processus de dépolitisation

Aux utopies politiques du XXème siècle a succédé une période de désenchantement, de rejet de l’idée même de lutte politique, pas seulement dans le discours dominant (qui, par nature, se doit d’être dépolitisant, puisqu’il est le discours de ceux qui possèdent le pouvoir et vise à décourager de le contester), mais également chez les progressistes et les militants eux-mêmes. Triomphe d’une idéologie hégémonique, le discours selon lequel la politique est vile et vaine est reprise y-compris par ceux qui critiquent l’organisation sociale de la société contemporaine.

Le parti écologiste est la première grande formation politique à ne s’être construit ni sur la défense des intérêts d’une partie de la population, ni sur une vision commune et cohérente du monde social, comme peuvent le faire les communistes, les libéraux, les démocrates-chrétiens, les royalistes ou les conservateurs. Au nom de l’urgence écologique qui s’impose à tous, les premiers écologistes, avec à leur tête des scientifiques, climatologues, universitaires, dénonçaient des problèmes concrets et non-clivants (tant nous avons tous intérêt à ce que la Terre reste vivable), et qu’ils souhaitaient adresser de manière pragmatique, sans a priori sur les moyens, et sans intégrer la question de l’environnement dans une vision plus globale de ce que devrait être le monde, la société, le travail, la démocratie, ou les rapports de pouvoir. On peut aussi penser similairement au Parti Pirate, émanation des revendications des amoureux de l’Internet libre.

Ces partis ne sont pas totalement apolitiques. Il y pointe déjà, dans leur manière d’exister dans le champ politique, le fantasme de pratiquer « une autre façon de faire de la politique », qui ne serait pas « politicienne », qui serait centrée sur des problématiques à résoudre et non plus sur des visions du monde qui s’affrontent, une politique « moins dogmatique », « moins idéologique », « plus pragmatique », qui adresserait les problèmes individuellement et de manière plus citoyenne, moins clivante, par la discussion raisonnable, « gagnant-gagnant », et dont les ennemis ne sont pas un système entier, une classe sociale ou une idéologie, mais une poignée d’industriels avides, bornés et égoïstes (gros pollueurs pour les uns, majors du disque et du cinéma pour les autres). Néanmoins, le fond de leur propos n’est qu’imparfaitement apolitique : l’écologie politique est tendanciellement antilibérale, en ce qu’elle réclame un contrôle de la production capitaliste, et les revendications des pirates sont tendanciellement libertaires. Cette tension entre apolitisme et gauchisme tourmente les écologistes depuis la création des Verts (voir la vidéo d’Usul sur le sujet), tout comme elle tourmente le Parti Pirate.

Au-delà de ces deux partis, le processus de dépolitisation affecte à divers degrés tous les courants de la politique française, et même les formations aux idées les plus clivantes adoptent l’apparence de l’apolitisme et de l’absence d’idéologie.

À gauche, il y a bien longtemps que la Ligue Communiste Révolutionnaire est devenue le Nouveau Parti Anticapitaliste, cessant de se définir par les idées qu’elle défend pour se définir par le système qu’elle combat. Quant au Parti de Gauche, il se définit par une position politique tautologique (il n’est pas de gauche parce qu’il est socialiste, ou communiste, ou radical, ou anarchiste, non, il est de gauche parce qu’il est de gauche). La France Insoumise, elle, se définit par un trait de caractère.

À droite, la proximité des propositions politiques avec l’idéologique dominante (capitaliste, libérale, patriarcale…) donne aux partis le luxe de se présenter de manière plus dépolitisés (il n’y a pas de Parti Capitaliste Français), d’arborer des noms plus neutres et technocratiques, les fameux sigles à trois lettres du Rassemblement Pour la République, de l’Union pour la Majorité Présidentielle, devenue Union pour un Mouvement Populaire – des partis qui se définissent avant-tout par leur ambition de conquête du pouvoir. Mais, même devenus Les Républicains, la coalition de la droite s’est retrouvée ringardisée par En Marche ! qui pousse jusqu’au bout la tactique de la neutralité politique.

Chez les partis de gauche comme de droite, ces non-politisations de façade cachent encore des idéaux véritables, et relèvent surtout d’une volonté de s’adapter aux impératifs médiatiques, et aux évolutions des attentes supposées des électeurs de « sortie du clivage droite-gauche ». Même chez les Verts et au Parti Pirate, fondés sur ce fantasme de dépolitisation, personne n’est allé jusqu’à considérer comme vaine et inutile la politique menée hors de leurs combats respectifs comme le fait l’UPR.

Voilà pourquoi, notamment, l’UPR plaît autant à des gens de gauche en étant si proche de la droite : son discours reprend un discours critique de la république pour en conclure que la politique ne sert – pour l’instant – à rien, et que rien est important en-dehors de l’Union Sacrée que nous devrions réaliser pour lutter contre une menace extérieure.

Mais cesser de faire de la politique, c’est aussi cesser de contester le pouvoir. Pour ceux qui considèrent la démocratie comme la pratique de la résolution pacifique et égalitaire de conflits politiques, donc qui considèrent démocratie et conflits politiques comme indissociables, il n’est pas surprenant de voir l’aboutissement de ce fantasme de déconflictualisation, de dépolitisation de la politique dans des mouvements portant une revendication tendanciellement nationaliste et fortement liés à l’extrême-droite.

Le complot de Polichinelle

Si l’UPR est parfois qualifiée de complotiste, c’est notamment pour les arguments déployés par François Asselineau pour défendre la nécessité impérieuse de sortir de l’Union Européenne avant toute autre considération.

Dans sa première intervention lors du débat à onze de la présidentielle (dont nous avons déjà parlé), Asselineau explique : « Mon parcours professionnel m’a amené dans les allées du pouvoir, et j’ai pu accompagner en tant que haut fonctionnaire François Mitterrand ou Jacques Chirac dans des rencontres avec les plus grands chefs d’état de la planète. Ce que j’ai découvert à cette occasion, c’est un secret assez bien gardé, c’est en fait que les dirigeants n’ont plus les manettes. En réalité, toutes les grandes décisions politiques, économiques, sociales, budgétaires, diplomatiques et militaires sont désormais décidées par des institutions qui s’appellent la Commission Européenne à Bruxelles, la Banque Centrale Européenne à Francfort et l’OTAN, dont le siège est à Bruxelles mais qui est dirigée depuis Washington. »

François Asselineau qualifie l’impuissance des hommes politiques français de « secret bien caché », pourtant elle est affichée, revendiquée, placardée partout. Les hommes politiques sont impuissants, les peuples sont impuissants, c’est bien le sens du mot d’ordre néolibéral TINA – There Is No Alternative, et son équivalent français : il n’y a pas de plan B.

S’il innove dans la forme, dans le fond, le propos d’Asselineau n’est pas si différent du discours néolibéral majoritaire, celui que tient une bonne partie de la classe politique et éditocratique française. Et, là-dessus aussi, je me permets une petite digression.

La politique sans les mains

Lorsqu’un groupe d’infirmières, pour les besoins d’une émission politique, prend à partie François Fillon pour demander le recrutement de nouveaux personnels, celui-ci leur répond sèchement : « vous voulez que je fasse de la dette supplémentaire ? ». Cette phrase, incongrue dans le contexte, fait pourtant partie des classiques de la rhétorique du pouvoir néolibéral : plus d’infirmières, ce n’est pas possible, parce que ça crée de la dette.

De manière générale, toute régression des droits sociaux, tout gel des salaires, toute augmentation de la durée des retraites, bref, toute mesure appauvrissant la population ou dégradant ses conditions de travail ne peut que s’accompagner d’un discours justificatif de l’ordre de « c’est la seule solution ». Pour que les travailleurs soient prêts à accepter des réformes difficiles (pour eux), il faut d’abord les convaincre qu’elles sont nécessaires. Nécessaires, c’est-à-dire imposées aux français, mais aussi aux dirigeants, par la situation, qu’il s’agisse du « besoin de compétitivité » ou de « la dette à rembourser ». Tout une rhétorique de l’impuissance et de l’acceptation se met alors en place.

Ainsi, au non-citoyen, dépossédé de son pouvoir démocratique, réponds un homme non-politique, condamné à ne réaliser que des réformes nécessaires et incapable d’ouvrir un poste d’infirmière malgré le besoin exprimé.

En visite en Guyane, Emmanuel Macron annonce : « je ne suis pas le Père Noël ». Oui, il aimerait bien améliorer la vie des gens, notre président, mais il est seulement chef de l’État, il n’en a pas le pouvoir. Et sa grande fierté, à Emmanuel Macron, c’est de refuser de « faire des promesses qu’il ne pourra pas tenir », c’est-à-dire de faire correspondre ses paroles avec son incapacité à agir.

Plombé par ces déclarations d’impuissance, le discours politique se délite, perds de sa substance et devient un discours de manager, de chef d’équipe, qui va « mettre les français au travail » en « impulsant un mouvement ». L’aspirant homme d’État relancera la croissance par l’énergie avec laquelle il mènera la même politique que tous les autres, et par sa capacité, surtout, à bien faire appliquer et accepter la seule politique possible : c’est-à-dire à faire de la pédagogie, à briser les tabous, etc.

Au passage, remarquons qu’il reste tout de même un dernier refuge à l’agentivité politique, qui se révèle lorsqu’il s’agit de faire des cadeaux fiscaux aux entreprises et aux plus riches – là se trouvent l’audace, le « pari fou », la glorification de l’expérimentation et de l’action en politique. Un bon dirigeant libéral possède donc deux qualités : le courage de prendre les mesures nécessaires d’appauvrissement des plus modestes et l’audace de donner de colossales sommes d’argent aux plus riches.

Bref, l’originalité du discours d’Asselineau n’est pas de dénoncer l’impuissance des politiques, qui n’est en rien un « secret bien gardé » mais au contraire le socle principal de la rhétorique néolibérale. Son originalité, c’est de prendre au sérieux ces prétentions à l’impuissance et à leur trouver un bouc émissaire : l’Union Européenne, l’OTAN, le vieil ennemi germanique, bref, des forces étrangères qui voudraient soumettre la France et sa belle aspiration démocratique.

Apocalypse sur commande

Bouc émissaire de l’impuissance du politique, l’Union Européenne devient du même mouvement, dans la rhétorique de l’UPR, la clef de l’énigme, celle par laquelle il est possible de mettre fin aux années piteuses qui sont les nôtres : sortir de ce carcan oppressif devrait, selon l’UPR, sonner la fin de l’ancien monde et ouvrir les portes du nouveau, « rétablir la démocratie », rien que ça.

L’UPR nous annonce que nous ne sommes pas en démocratie, certes, mais il faut y voir l) une bonne nouvelle : Asselineau s’adresse à des non-citoyens, convaincus de leur impuissance politique. Et en nommant le mal, il nomme aussi le remède. Nous ne sommes pas en démocratie, non pas parce que la démocratie est une pratique compliquée, qui demande une remise en question permanente de la forme des institutions et des pratiques politiques, ni parce que le capitalisme est par essence antidémocratique, non, nous ne sommes pas en démocratie car de vilains maîtres nous en empêchent, et il suffirait de s’en débarrasser pour qu’un nouvel horizon s’offre à nous.

Le message de l’UPR est une promesse enthousiasmante : celle de la possibilité d’un monde meilleur à notre portée, qu’il suffirait pour atteindre de sortir de l’Union Européenne, et sur laquelle je me permets une troisième digression.

En finir avec le monde

Le message de l’UPR répond ainsi à un désir apocalyptique, un désir de « fin de cycle », le même désir de remise à plat des institutions et des rôles sociaux qui saisit les sociétés « entièrement saturées par l’idéologie et la morale bourgeoise », pour reprendre les mots d’Hannah Arendt, qui identifie dans Le système totalitaire une même pulsion nihiliste dans les sociétés d’avant la Première, puis la Seconde Guerre Mondiale.

Une pulsion qui part des contradictions et des hypocrisies de la domination bourgeoise, de sa prétention à la respectabilité qui cache la misère et les souffrances qu’elle provoque. Une pulsion qui part du constat désabusé de la rigidité des rapports et des rôles sociaux, qui amène à rêver d’une Apocalyse, c’est-à-dire d’une révélation et d’une remise à zéro des compteurs : le monde enfin révélé pour le mensonge qu’il est, nous créerions de nouveau une société meilleure, dans laquelle tout serait possible.

Ce désir apocalyptique se manifeste dans la culture populaire (dans la fascination pour l’apocalypse zombie) mais il se traduit également en politique, à des degrés et des modes d’expression divers.

Dans les partis de gouvernement, tout l’enjeu est de capter cette volonté de changement dans une communication de pure forme : de Sarkozy venant « dynamiser » la droite chiraquienne à la communication victorieuse d’un François Hollande qui promettait que « le changement, c’est maintenant », par un incroyable tour de force, les tenants du pouvoir paraissent capable d’affirmer avec la même détermination qu’ils ne peuvent rien changer au monde et qu’ils vont tout y changer. Cette volonté de renouveau institutionnel se retrouve pus brutalement à gauche dans les propositions d’un Jean-Luc Mélenchon (du « dégagisme » à la VIème République), par exemple.

À l’extrême-droite, on fantasme un après-apocalypse ou seuls les plus forts survivront, les leaders survivalistes comme Piero San Giorgio enseigne à la fois à se préparer à « survivre à l’effondrement économique » en achetant à l’avance de l’eau en bouteille, mais également pourquoi il faudrait laisser crever, pour le bien de la civilisation, ceux qui ne peuvent pas être assez productifs.

L’avenir est un long passé

À sa manière, donc, l’UPR tente de capter cette volonté apocalyptique, en promettant le retour de la démocratie avec la sortie de l’Union Européenne. De quoi ce monde nouveau, post-dictature européenne, sera fait ? A priori peu importe : pour l’UPR, chacun est libre d’imaginer ce qu’il veut dans cet « après » enchanteur, selon qu’il soit anarcho-communiste ou catholique conservateur, l’important étant que notre démocratie fonctionnera enfin correctement.

Étant au-dessus des partis, des idées politiques, le message de l’UPR est bon pour tous et pour chacun, et toute personne qui regarderait les conférences de François Asselineau avec un cœur ouvert ne pourrait qu’y souscrire, indépendamment de ses idées politiques, nous explique l’UPR.

Pourtant, comme pour un Donald Trump qui promettait de « Make America Great Again », la proposition de changement d’Asselineau se situe dans un retour à un passé mythifié : c’est la France du Général de Gaulle, celle d’avant le plan Marshall et la construction européenne, que nous promet Asselineau. Outre les symboles dans la communication, l’énarque prend souvent l’image du Général pour justifier ses choix politiques (comme ici ou ),

Les esprits chagrins remarqueront que cette France-là n’était pas non plus un modèle en terme de démocratie, avec ses sous-citoyens algériens, sa censure directe des médias par le gouvernement et sa milice politique non-officielle, le Service d’Action Civique, plus ou moins intégrée dans l’appareil d’état et qui commettait braquages, attentats et assassinats. Mais peu importe, car l’on y payait en francs français, et nous étions donc, pour Asselineau, dans une démocratie.

Couleurs démocratiques

Car, pour Asselineau, la démocratie est définie de manière parfaitement creuse, sans qu’aucun contenu politique (ou presque) ne se cache derrière ce terme. Car, enfin, ce que recouvre exactement le mot « démocratie » est en soi enjeu de lutte politique. Pour un libéral, la démocratie est avant-tout la possibilité pour les individus de réaliser librement toutes formes de contrats entre eux sans intervention étatique. Pour un communiste, la démocratie nécessite la possession collective des moyens de production, c’est-à-dire que les entreprises devraient être organisées démocratiquement au lieu d’appartenir à un patron ou à des actionnaires.

Pour Asselineau, la démocratie, c’est quand le drapeau est bleu-blanc-rouge. Je ne plaisante même pas : à la fin de l’une de ses conférences, Asselineau nous révèle le secret derrière l’histoire de France, « l’étonnante pulsation » entre dictature étrangère et souveraineté populaire (ou souveraineté nationale, c’est pareil chez Asselineau, pour qui, en bon nationaliste, le peuple et la Nation, c’est pareil). Et, pour lui, cette pulsation se retrouverait dans l’héraldique : les dictatures en bleu et or (comme la royauté, l’Empire napoléonien, ou l’Union Européenne) et le bleu-blanc-rouge du peuple français éternel.

Bien sûr, ce n’est pas comme cela qu’Asselineau commence ces conférences (il ne va pas directement commencer par du symbolisme mystique, n’oublions pas qu’il n’est pas complotiste), mais c’est comme cela qu’il les termine : tout l’art de notre énarque est d’amener son public à penser la démocratie, non en terme de contenus politiques, mais de symboles héraldiques et, au final, d’appartenance ethnique de nos dirigeants. Que notre Nation (la France sacrée et éternelle) soit gouvernée par un pouvoir bien français, par de bons français avec des drapeaux bleu-blanc-rouge, et elle sera, vous verrez, une démocratie.

Les Sauveurs sont toujours seuls

Ainsi, Asselineau prétend venir lever le voile sur les secrets de notre monde, et surtout nous apprendre la solution simple pour en sortir et atteindre un monde meilleur. Mais Asselineau n’est pas seulement Prophète, il est aussi Messie, car la nécessité de sortir de l’Union Européenne n’est que la moitié de son raisonnement.

L’autre moitié, c’est qu’il est le seul à vraiment pouvoir réaliser cette entreprise salvatrice. Tous ceux qui prétendent vouloir renégocier les traités mentent, ceux qui veulent sortir de l’Union Européenne mentent aussi, le seul moyen de vraiment être sûr de sortir de l’Union Européenne, c’est de porter Asselineau au pouvoir.

Ce qui caractérise sa posture comme messianique, c’est sa manière d’amalgamer sa personne avec ses propositions politiques, que l’on retrouve dans son absence totale de velléité tactique, ou plutôt, le refus de tout compromis tactique. Asselineau s’adresse à toutes les sensibilités politiques, mais pas aux autres partis. Il veut l’unité nationale, certes, il mais il la veut derrière lui car lui seul est digne de confiance.

Un Jean-Luc Mélenchon, par exemple, a clairement signifié pendant la campagne présidentielle qu’il était prêt à sortir de l’Union Européenne (bon, comme plan B, mais Asselineau soutient que le plan A est voué à l’échec). Un simple prophète se serait demandé si Mélenchon, en position d’arriver au second tour de l’élection, n’était pas la meilleure chance pour la France de sortir de l’Union Européenne. Marine Le Pen aussi a également parlé du retour au franc, et elle aussi aurait pu arriver au second tour,

Sauf que voilà, pour les soutiens d’Asselineau (comme cette vidéaste qui le soutient), ce n’est pas suffisant. Parlant le Mélenchon, elle prévient : « ce n’est pas écrit noir sur blanc (dans son programme) que l’on sort unilatéralement de l’Union Européenne par l’article 50 ». Du coup, mieux vaut voter François Asselineau, qui, lui, parle de l’article 50. Mieux vaut voter pour un candidat qui fait 1,7% mais dont on est sûr qu’il compte sortir de l’Union Européenne que risquer d’être trahi par quelqu’un qui arriverait effectivement au pouvoir.

En fait, ce refus d’un compromis tactique fait aussi partie du refus du politique de l’UPR. Ce dégoût pour la négociation politique imprègne, de manière générale, notre horizon politique actuel. Des décennies de reniements font que le compromis politique, loin d’être considéré comme une composante essentielle de la vie démocratique, apparaît maintenant comme un calcul politicien dans le seul intérêt des dirigeants qui s’y livrent.

D’ailleurs, Asselineau n’est pas le seul à refuser le compromis, Mélenchon lui-même, rejetant les « vieilles tambouilles », adopte une même posture de « rassemblement du peuple derrière lui » (on retrouve la même chose chez Le Pen, mais c’est de longue date).

Autre conséquence de ce rejet de la politique et de cette posture messianique : l’absence de démocratie interne à l’UPR. Car la démocratie interne, l’existence de différents courants, la confrontation des points de vue, n’est plus vu comme le signe de la bonne santé d’un parti politique, mais au contraire de sa déliquescence dans les petits calculs minables.

Là encore, cette tendance se retrouve ailleurs qu’à l’UPR : En Marche et la France Insoumise revendiquent d’être cette forme de « mouvements » qui, à l’inverse des vieux partis de l’ancien temps, laissent d’autant plus de liberté à leurs membres dans leurs modes de communication qu’ils n’ont que peu de poids décisionnel (ou, peut-être, qui assument juste leur absence de démocratie interne, par opposition aux partis à l’ancienne mode dont la pratique démocratique est souvent défaillante, ramenée à des jeux de chaises musicales et des élections souvent truquées).

Toujours est-il que l’UPR est plus radical qu’En Marche et la France Insoumise dans cette absence de démocratie interne, et l’on y trouve ni consultation interne (comme à la FI) ni grogne des militants face à l’autocratisme du leader (comme chez En Marche). L’UPR est le parti d’Asselineau, y militer, c’est le rejoindre.

Croissez et multipliez

Mais, si les militants d’Asselineau ne font pas de politique, que font-ils ? En l’absence d’autre intérêt politique, de toute possibilité tactique, de démocratie interne, la proposition militante d’Asselineau se réduit à une ligne unique : « rejoignez-moi, et quand nous serons assez nombreux, nous sortirons de l’Union Européenne et la France sera sauvée ».

Le discours de l’UPR est monocentré et monocausal, ramenant toute discussion à la question de la sortie de l’Union Européenne et de l’OTAN, solutions uniques à tout problème posé, ou plutôt préalables indispensables à toute recherche de solutions. Et toute question sur la sortie de l’U.E. et de l’OTAN se ramène à la question de l’arrivée au pouvoir d’Asselineau. Et l’arrivée au pouvoir d’Asselineau ne se fera qu’en ramenant d’autres gens dans le giron de l’UPR.

Ce qui donne aux militants de l’UPR une image de harceleurs fanatisés, c’est justement qu’ils ne sont pas des militants politiques mais des non-militants. Le rôle du non-militant est difficile mais conceptuellement très simple, puisque l’UPR en tant que structure ne vise, dans l’attente de la sortie de l’UE, que sa propre expansion, qui passe avant tout par le recrutement. Et, pour cela, leur principale stratégie consiste à tenter de convaincre qu’aucune question politique, aucun enjeu de société n’a de valeur sinon celui de la sortie de l’Union Européenne.

Nous pourrions tirer les même leçons en observant les Gentils Virus d’Etienne Chouard, un autre groupe de militants très actifs sur Internet, qui utilisent les mêmes méthodes que l’UPR, mais pour défendre, en lieu et place de la sortie de l’Union Européenne, le remplacement de la Constitution par une autre « écrite par les gens eux-mêmes » (quoi que ça veuille dire en pratique), la fin des élections et l’avènement du tirage au sort en politique.

Chez les Gentils Virus, la même idée qu’il s’agit d’affronter « la cause de toutes les causes » et que, tant que la Constitution n’aura pas été changée, il ne sert pas à grand-chose de faire de la politique ; la même attraction auprès des gens de gauche, la même proximité avec l’extrême-droite (Usul s’y était fait prendre avant de se rétracter). Mais, contrairement à l’UPR, les Gentils Virus portent dans leur nom leur condition de non-militant, leur unique rôle, leur unique objectif étant l’auto-réplication.

L’UPR comme les Gentils Virus ne font pas que réclamer la sortie de l’Union Européenne, le tirage au sort, ou une réécriture de la Constitution, ils fétichisent ces revendications comme conditions nécessaires et suffisantes à une vie démocratique saine en France. Leur rôle de non-militant, borné à l’auto-réplication, au final, leur fait adopter une pratique du militantisme qui ressemble à celle de la vente, du démarchage.

Le non-militant de chez Asselineau vends la sortie de l’Union Européenne ou de l’UPR comme un produit miracle, il ne défend pas d’idées politiques, mais la promesse d’un monde meilleur. Un rôle de porte-à-porte, qui ressemble à celui du recruteur de donateurs pour les ONGs, du vendeur de ticket de tombola…

En retrait, ou au-dessus, de la république parlementaire qu’ils vomissent, les militants d’Asselineau, porteurs de leur Bonne Parole sur comment mettre fin au monde tel que nous le connaissons, ne cherchent que de nouvelles façons de ramener plus d’adeptes, convaincus qu’une fois atteint une masse critique, qu’une fois que nous serons assez nombreux à ne plus faire de la politique, à ne plus prendre part à la marche du monde, alors adviendra la fin de l’Union Européenne et, conséquemment, le Paradis sur Terre (en tout cas en France).

En définitive, si les militants de l’UPR sont moqués et comparés à des Témoins de Jéhovah, c’est qu’ils en sont effectivement l’équivalent politique. Le plus triste, dans tout ça, c’est qu’ils sont nombreux à penser militer alors qu’ils ne sont, en réalité, que les VRPs bénévoles d’un énarque autocrate.


1. Sur le site de l’UPR : « Au total, le nom d’un parti est finalement une chose assez secondaire dans la mesure où les mots qu’il utilise sont assez passe-partout, ce qui est bien le cas de l’UPR. […] Il serait dommage qu’un simple nom, qui a été choisi sans aucune arrière-pensée, puisse dissuader des personnes de s’intéresser à l’UPR.« 

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6 réflexions sur « Le parti de l’Apocalypse »

  1. Article intéressant, je connaissais à peine l’UPR. Deux commentaires sur des sujets annexes :

    1. Il me semble que ton analyse historique de l’écologie politique est erronnée (« Le parti écologiste est la première grande formation politique à ne s’être construit ni sur la défense des intérêts d’une partie de la population, ni sur une vision commune et cohérente du monde social […] »), dans le sens où à son origine c’est un mouvement issu de l’extrême-gauche à tendance libertaire, au sein du vaste mouvement de révolte des années 60-70 (c’est d’ailleurs expliqué ainsi dans la vidéo d’usul à laauelle tu fais référence). D’après mes informations, le mouvement avait clairement une tendance anticapitaliste. D’ailleurs, il me semble que le « ni de droite ni de gauche » peut avoir une autre interprétation que la tienne. Ainsi, certains anarchistes (que personnellement je classerais à l’extrême-gauche) proclament n’être « ni de droite ni de gauche ». Ceci afin afficher leur non-participation au parlementarisme (car « gauche/droite » fait référence à l’hémicycle d’une assemblée), mais aussi de se démarquer autant des partis de droite et d’extrême-droite que des autres courants de gauche (qui eux participent à la démocratie représentative). Il me semble que c’est comme cela qu’il faut entendre le « ni de droite de gauche » du candidat des verts de 1981, héritage de la coloration libertaire des débuts du mouvement écolo. Ce n’est que plus tard (années 1990 ?) que ce « ni de droite ni de gauche » d’inspiration anarchiste est devenu un « ni de droite ni de gauche » centriste. Une illustration de cette évolution est par exemple la figure de l’écologiste Cohn-Bendit, qui est passé d’anarchiste en 1968 à macroniste en 2017 (or je pense qu’il a toujours été écologiste, et l’est resté).

    2. Je ne suis pas d’accord avce toi sur le fait que le « refus d’un compromis tactique » soit une aberration en politique (c’est ce que j’ai cru comprendre dans tes propose). Il peut s’agir en réalité d’une tactique payante dans le combat pour le pouvoir. L’exemple de Mélenchon et de la France Inosumise est d’ailleurs parlant : il a acquis de la notoriété pendant une décennie grâce aux compromis (au sein du front de gauche). Or en 2017, il a clairement fait le bon calcul en se « débarassant » de ses alliés encombrants (en terme d’image et d’inertie) du PCF. Bien que j’aie été à l’époque choqué de sa déclaration de candidature présidentielle, rétrospectivement il me semble qu’il a fait un habile choix politique car il a maintenant les mains libres et est ressorti comme le « gagnant de gauche » de ces élections. L’histoire est d’ailleurs pleine de ce genre de considérations tactiques. Au printemps/été 1917 en Russie, les bolcheviks étaient en désaccord sur le fait de s’allier aux autres forces de gauche (mencheviks notemment) au sein du nouveau parlement. Finalement c’est bien la tactique de Lénine de refuser les alliances qui a été payante…
    Je suis néanmoins d’accord sur le fait que ce choix tactique semble peu pertinent dans le cas de l’UPR !

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    1. Merci pour tes retours.

      1. Je suis assez d’accord avec toi avec l’héritage libertaire des Verts, et, j’ai pas pris le temps de le détailler, mais pour moi c’est la contradiction principale de ce genre de partis.
      Le truc part d’un « ni de droite, ni de gauche » d’anarchistes anti-parlementaristes, et ils finissent par se présenter à des élections sénatoriales (et à devenir macronistes). J’y vois une dégradation de la radicalité originelle en un discours « nous on est contre la politique traditionnelle »… tout en faisant de la politique traditionnelle. Bref, l’institutionnalisation d’un mouvement anti-institutionnel c’est toujours chelou.
      On pourrait dire la même chose du Parti Pirate, d’ailleurs. Mais en tout cas, quand je dis que le parti ne s’est pas construit « sur la défense des intérêts d’une partie de la population, ni sur une vision commune et cohérente du monde social », je parle surtout de ce qu’il veut être électoralement. Les Vertes ne disaient, déjà pas à l’époque, « vous êtes anarchistes et anti-parlementaires ? votez pour nous ». Leur discours est beaucoup plus proche de « la politique vous fait chier et pour vous l’air pur c’est tout ce qui compte ? votez pour nous ».
      Après, je pense que tu connais mieux le sujet que moi, ça me plairait d’en parler avec toi à l’occasion.

      2. Je fais la différence entre “refus d’un compromis tactique” et « refus tactique d’un compromis ».
      Je pense Mélenchon un fin tacticien, et c’est clair qu’il fait de la politique. Au sein de la FI (chez les militants surtout), je ne sais pas combien se posent la question en terme de « meilleure stratégie » et combien refusent le compromis pour des raisons identitaires (« nous on ne fait pas de la vieille politique »). En tout cas, à l’UPR, c’est clair qu’on est dans le second cas, à tel point que la question d’une alliance avec un quelconque autre parti n’a jamais été ne serait-ce qu’évoquée. Ces gens ne sont pas là pour gagner la moindre élection.

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  2. Il étale à sa manière ses arguments à l’aide de powerpoint parce qu’il présente énormément d’informations (qui peuvent être toutes critiquables mais qui ont le mérite de pousser à vérifier, à approfondir et à réfléchir). Il a déjà fait des conférences marathons de 9h où il développe SA vision critique du fonctionnement des partis politiques et de l’Union Européenne. Un autre temps Georges Marchais présentait aussi des graphiques, Hugo Chavez présentait ses lectures pour étayer ses arguments ou faisait ses conseils de ministres en direct à la télévision et Fidel Castro faisait des discours records allant jusqu’à plus de 7 heures de durée.C’est juste un autre support, autrement plus didactique et sincère que les pièces de théâtre présentées par des cuistres authentiques.

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    1. Je ne lui reproche pas de donner des conférences, j’en donne moi aussi. Je dis juste qu’il se place ainsi en posture d’universitaire, de dispenseur de savoirs.
      Ce n’est pas sale.

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  3. Salut! Je suis un forceur sympathisant UPR, enfin souverainiste. Je suis pas militant et je paye aucune cotisation. Enfin bref!

    Asselineau ne s’est présenté en tant qu’universitaire ou technicien, mais politique. Malgré tout, il s’est permis à de nombreuses reprises à travers ses conférences qui ont trouvé public d’être pertinent sur de nombreux points, notamment dans sa critique des partis politiques, de l’extrême gauche jusqu’à l’extrême droite. Vous semblez omettre ses critiques virulentes contre la famille Le Pen. le FN est décrit par ses propres mots comme une SARL, en bonne relation qui plus est par la secte Moon. Ce dernier point ne semble pas être très connu, mais a été corroboré par de nombreux articles de presse que je vous presse à lire. Les sympathisants et militants n’ont aucune véritable formation politique. Le parti n’a pris un peu d’ampleur que très récemment et il n’y a aucune véritable discipline, ce qui explique l’affichage sauvage. Le blacklistage par les grands médias est présent, Asselineau a répondu à toutes les sollicitations presque en vain (à l’exception de télé Agri et de Radio Tropiques (radio d’extrême droite, hein….) sauf à TV Libertés et sur E&R dont il a refusé les sollicitations. Est-il nécessaire de rappeler que 80% des textes adoptés en assemblée sont des transcriptions du droit européen, et que l’agitation franco-française qui aurait tendance à minimiser l’impact de notre adhésion à l’UE n’est que de la gaminerie? (J’ai une licence en Droit, et c’est une information qui nous est donnée en première année d’étude)

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    1. Bonjour, cher forceur.
      Quand je dis qu’Asselineau se présente comme universitaire, je parle de sa posture : il fait des conférences de trois heures où il fait défiler des diapositives, ce qui est assez rare dans le champ politique (vous ne verrez jamais Sarkozy, Valls ou Besancenot faire ça) et qui est évoque plutôt un ethos de scientifique ou de technicien.
      Pour le reste, les informations que vous donnez me semblent juste, mais elle ne sont absolument pas contradictoires avec mon propos.
      Bonne journée.

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