Je suis presque trentenaire (et je suis Blanc)

Ces derniers temps, la mode est à la mise en opposition des « explications biologiques » et des « explications sociologiques » du monde (des inégalités hommes-femmes, de l’homosexualité, etc.) dans pas mal de discours politiques, médiatiques, etc.

Or, ce que nous allons essayer de montrer, c’est que cette opposition, outre qu’elle a des fondements politiques plus ou moins conscients, se base sur une mauvaise connaissance, soit de la biologie, soit des sciences sociales, et en général des sciences tout court ; et qu’elle baigne dans un flou conceptuel, tout le monde utilisant des termes imprécis pour désigner des phénomènes mal définis.

Bref, on va essayer de remettre un peu de rigueur scientifique dans tout ça. Et, commençons par le commencement, nous allons parler d’un concept souvent horriblement mal utilisé, celui de « construction sociale ». Et c’est pour expliquer ce concept que je vais vous parler de mon âge, de ma couleur de peau, et du Théorème de Pythagore.

L’idée taboue

Quand je vois le mot « construction sociale » chez un rationaliste de la vieille école, c’est souvent dans un accès de raillerie, ou dans une charge énervée contre tous ces vilains « relativistes » qui nieraient la véracité de la science et qui, dans leur entreprise irrationnelle de justifier que rien n’est plus vrai que quoi que ce soit d’autre, qualifierait la science de « construction sociale ».

Un des rationalistes influents les plus bornés sur le sujet, c’est le célèbre biologiste Richard Dawkins, qui tient sur le sujet des propos les plus dérangeants…

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« Toute l’humanité devrait être fière de Newton et de la précision des prédictions d’éclipses (oh, mais les éclipses sont sans doute seulement des constructions sociales ?) »

Des plaisanteries qui associent le concept de construction sociale à l’obscurantisme, d’un coté, et au militantisme de gauche de l’autre.

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Oh misère, voici venir les « social construct » warriors.

Nous sommes là dans la même association entre militantisme de gauche et irrationalité que celle que l’on retrouve dans le mémo de James Damore, les écrits de Peggy Sastre (dont nous avons déjà parlé), et de manière générale dans le conservatisme prétendument rationaliste (dont parle Kum0kun dans une série d’articles).

Il faut dire que les ennuis de Dawkins avec les mouvements de gauche ont pas mal tourné autour de ce terme, notamment pour certains de ses propos qui, à gauche, passent pour complètement racistes.

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« Construction sociale » ? Oubliez ça. Les races sont des réalités biologiques. Mais ça n’a aucune forme d’importance. Nous sommes tous HUMAINS.

 

Racistes, ces propos ? Pour Dawkins, pas du tout. D’ailleurs, il ne se voit pas du tout comme raciste. Selon lui, l’existence des races est une réalité scientifique, le racisme étant l’idéologie politique qui postule une hiérarchie entre ces races. Le problème, c’est que c’est complètement faux.

Dawkins semble opposer, ici, concepts sociologies et biologiques. À le lire, les races sont des réalités biologiques ou des constructions sociales, les éclipses de Soleil des réalités astronomiques ou des constructions sociales. Il suffirait donc de montrer qu’il y a des éclipses de Soleil (ou des différences biologiques entre Noirs et Blancs) pour que ce ne soient pas des constructions sociales.

Comme nous allons le voir, c’est très mal comprendre le concept de construction sociale et sa portée scientifique (c’est aussi avoir une vision naïve de la « réalité biologique », qui n’a aucun sens scientifiquement parlant).

Nous allons voir que la race est bel et bien une construction sociale, ce que dit aussi… la Fondation Richard Dawkins. Du coup, la croyance en l’existence de races malgré la preuve scientifique du contraire ne peut qu’être vu, d’abord comme de l’obscurantisme, ensuite comme un obscurantisme indissociable du racisme lui-même.

Nous allons prendre, pour illustrer ce concept, un phénomène biologique facilement observable : mon âge.

Bon anniversaire

J’ai vingt-neuf ans. C’est une vérité indéniable, j’ai plusieurs témoins qui attestent du jour de ma naissance, il est marqué sur ma carte d’identité… À priori, il n’y a que peu de faits plus incontestables que le passage du temps (du moins à mon échelle), peu de phénomènes plus universels que le vieillissement, et il faudrait être un imbécile pour dire que je n’ai pas vingt-neuf ans, ou que mon âge est subjectif, ou que ce n’est pas plus vrai que « j’ai cinq ans » ou « j’en ai trente-sept ».

Non. J’ai vingt-neuf ans, c’est clair. C’est ce que Dawkins appellerait une réalité biologique. Pour autant, comme nous allons le voir, les choses vont vite se compliquer.

Prenons deux amies à moi, Alice et Chloé. Alice a trente ans, Chloé a vingt-neuf ans. Dans le langage courant, nous pouvons donc dire que Chloé a « le même âge que moi », alors que Alice a « un an de plus ». Pourtant, il se trouve que ma date de naissance est plus proche que de celle de Alice que celle de Chloé. En réalité, la majeure partie de l’année, c’est Alice qui a « le même âge que moi » alors que Chloé a « un an de moins ».

C’est assez étrange, tout de même, non ? Je veux dire, ce n’est pas étrange pour nous, mais pour quelqu’un qui viendrait d’une réalité parallèle, ça pourrait paraître très étrange que le fait d’être considéré comme ayant « le même âge » que quelqu’un d’autre soit une donnée dépendant du moment dans l’année où la question est posée, et que ce soit décorrélé de la distance effective entre les dates de naissance (en fait, un mathématicien ne dirait pas « décorrélé », il dirait « non monotonement corrélé », mais vous m’avez compris).

C’est étrange, oui, mais ça s’explique par la manière dont, dans notre société occidentale, nous mesurons le passage du temps et le vieillissement.

D’abord, nous comptons le passage du temps en années, qui font trois-cent-soixante-cinq jours et des poussières. La durée d’une année n’a pas été choisie n’importe comment, elle correspond à une rotation complète de la Terre autour du Soleil, ou, plus pragmatiquement, elle correspond à un cycle complet des saisons – l’année comme unité administrative du passage du temps répond à des besoins organisationnels évidents, principalement dans nos premières sociétés agricoles et chasseresses.

Toujours est-il que, si demain un voyageur débarquait d’une autre planète tournant plus vite ou plus lentement que la nôtre autour de son Soleil, il aurait probablement une unité de mesure du temps bien différente, et, dans son unité de mesure, il est possible qu’il considère que Camille, Chloé et moi ayons tous trois le même âge – ou qu’au contraire nous ayons des âges très différents.

D’ailleurs, si un jour l’humanité terrestre colonise d’autres planètes tout en conservant son calendrier, nos descendants sur Pluton pourraient très bien utiliser une mesure de l’évolution du temps (et de l’âge) qui n’a rien à voir avec un quelconque phénomène physique sur leur lieu d’habitation.

Ensuite, parce que notre société discrétise le vieillissement à l’année (j’ai 29 ans, et pas 363 mois). Notre société retient aussi les dates anniversaires, et le changement d’âge se fait à cette date. En fait, dans de nombreuses sociétés dont le calendrier n’est pas aussi précis que le nôtre, personne ne connait précisément sa date d’anniversaire. Nous pourrions tout aussi bien considérer que le changement d’âge se fait tous les deux janvier ou tous les huit mars (et avant de dire « ce serait moins précis », réfléchissez bien et vous verrez que ce serait exactement aussi (im)précis, quelle que ce soit la date choisie pour le changement d’âge de l’individu).

Sans même aller jusque là, notre civilisation occidentale a déjà connu des changements de calendriers, nous sommes notamment passés du calendrier julien au calendrier grégorien.

Figurez-vous que David, qui est un autre ami à moi, est né la même année que moi. Mais, cette affirmation (qui est vraie, incontestable, que je ne remets pas en question) serait fausse si nous utilisions encore le calendrier julien. D’ailleurs, dans le calendrier julien, certaines années font 355 jours, d’autres 378 jours. Le rapport aux fêtes d’anniversaires n’y est donc pas du tout le même.

Bref, nos âges, à Alice, Chloé et David, ne sont pas des réalités biologiques : ils sont construits à partir de la réalité, des constructions réalisées par la société, historiquement, sociologiquement, politiquement… Bref, nos âges sont des constructions sociales.

De l’impact de l’échantillonnage

L’année prochaine, je vais avoir trente ans. Et il y aura un jour précis, un moment précis dans ma vie, qui sera ce passage au trentenaire. C’est un fait incontestable, il est vrai, il est indubitable.

Et pourtant, la manière dont je vais vivre ce moment n’a qu’un lien très vague avec le nombre de secondes écoulées à partir de ma naissance : si cette date sera importante pour moi, ce sera à cause de la manière dont nous comptons notre âge, comme nous l’avons déjà vu, mais aussi à cause de notre systémique numérique décimal (qui fera de 30 un chiffre rond), et qui crée un poids symbolique fort sur cet anniversaire plutôt qu’un autre.

Et encore, il ne s’agit ici que d’un poids symbolique – certains anniversaires ont un poids bien plus concret, accordé par nos lois et nos administrations. Majorité sexuelle à quinze ans, majorité à dix-huit ans, droit au RSA à vingt-cinq ans, etc.

Toutes ces dates sont choisies pour des raisons politiques, mais qui se basent sur des réalités physiques et biologiques – le passage du temps, la puberté, le vieillissement… Et pourtant, il y a une part arbitraire évidente dans le choix de ce jour-là plutôt que d’un autre pour l’évolution du statut social de l’individu. Dans une société avec un calendrier différent, ce que nous appelons le quinzième, seizième ou dix-huitième anniversaire n’auraient aucun poids dans notre vision de l’individu, et les étapes du développement humain ne pourraient qu’être placées à d’autres endroits.

Il en va, du coup, de même dans le fonctionnement de la science. Évidemment que le vieillissement existe, et qu’on a pas le même corps à dix-huit ans qu’à onze ou à soixante. Mais, s’il s’agit d’étudier un phénomène d’une manière différenciée en fonction de l’âge, la manière dont cet âge sera échantillonné comportera toujours un part d’arbitraire.

Si l’on étudie l’effet d’un médicament sur des enfants de « six à huit ans », l’ensemble des enfants éligibles pour l’étude est déterminé, dans ses bornes, par des habitudes administratives héritées de l’époque des sociétés agricoles antiques, et légèrement retouchées par un moine au Moyen-Âge. Et dire ça, ce n’est pas dire qu’il n’a pas de différence entre les enfants de six à huit ans et les autres. C’est dire qu’il y a aussi des différences entre les enfants de six ans et trente-quatre jours à huit ans et trois jours, mais qu’il est très peu probable que les effets d’un médicament soient un jour testés sur un tel échantillon, du moins dans la société telle qu’elle existe.

D’ailleurs, est-ce pertinent tout court d’utiliser l’âge comme critère pour ce genre de tests cliniques, ou même pour accorder des droits civiques ? Est-ce toujours pertinent d’utiliser le temps passé depuis la naissance comme mesure du développement et du vieillissement ?

Le développement intellectuel, émotionnel, physique et sexuel d’un individu ne se fait pas toujours de la même manière, et, si un jour l’on croise une société humaine mille fois plus avancée que la nôtre en médecine, elle trouvera sans doute touchante de naïveté notre manière de classifier les enfants en fonction du temps écoulé depuis leur naissance. Peut-être utilisera-t’elle une autre valeur, ou même plusieurs valeurs, pour mesurer l’évolution de l’enfant, et n’appliquera pas la même échelle arbitraire et linéaire pour déterminer son niveau scolaire, comment doser ses médicaments, à quel jeu vidéo le laisser jouer et quels droits lui accorder.

Et, peut-être plus que le développement, le vieillissement connaît des variations importantes selon les individus. Un ingénieur en aéronautique de cinquante ans n’a pas le même corps qu’un maçon du même âge, il n’est absolument pas dit qu’il soit pertinent de les ranger dans la même catégorie quant aux questions de santé.

Bref, nos âges sont des constructions sociales, et ces constructions sociales impactent nos vies, la politique, l’administration, mais aussi la science.

Une réalité mathématique

Sortons deux minutes de la fétichisation des « réalités biologiques » de Dawkins et regardons un peu ce qu’est la science. Qu’est-ce qu’un énoncé scientifique ? C’est avant tout l’énoncé rigoureux et explicite de rapports entre plusieurs concepts précisément définis.

Par exemple, le Théorème de Pythagore dit : « dans un triangle rectangle, le carré de l’hypoténuse est égal à la somme des carrés des autres côtés ». Ce Théorème est juste, certes, mais il s’inscrit néanmoins dans un cadre de discours, au moins dans un ensemble de définitions (triangle, triangle rectangle, hypoténuse, carré, côté, somme…). Sans ces définitions, je ne pourrai rien exprimer.

Et ces définitions ne sont ni justes ni fausses. Quand je dis « un triangle rectangle est un triangle qui a un angle de 90° », ce n’est pas une vérité mathématique, c’est une convention de langage. Un concept créé pour permettre au mathématicien d’énoncer simplement des choses complexes, pour construire des vérités sur le monde mathématique.

Et ces concepts sont des constructions sociales, au sens propre : ils sont construits socialement, par des interactions sociales entre mathématiciens et avec le reste du monde. En l’occurrence, si la géométrie s’est développée des siècles avant la théorie des graphes, c’est que l’on a, techniquement, eu besoin de calculer des surfaces plus tôt que de faire des algorithmes de broadcasting. Si on a inventé un mot pour un triangle avec un angle de 90° et aucun pour les triangles avec un angle de 72°, c’est tout simplement parce que c’est plus utile pour construire des trucs solides.

Le Théorème de Pythagore est juste, il est néanmoins parfaitement construit socialement (et ai-je mentionné qu’on l’appelle « de Pythagore » et que c’est, là aussi, pour des raisons sociales plus que par « réalité mathématique » ?).

Blanc et trentenaire

Bref, un énoncé scientifique, fût-il juste, s’inscrit toujours dans un cadre de discours socialement construit. Si je dis « j’ai vingt-neuf ans », ou « Camille et moi avons le même âge », c’est scientifiquement vrai, mais c’est vrai parce que ça s’inscrit dans des concepts (un calendrier, une définition de l’âge…) qui, eux, ne sont ni vrais ni faux : ils sont comme ça parce qu’ils sont hérités d’une société qui les a constitués comme ça pour plein de raisons compliquées.

Quand l’on dit « la race est une construction sociale », on ne dit pas que la couleur de peau n’existe pas (ce serait stupide), mais qu’être Blanc, c’est comme être trentenaire : c’est l’expression d’une réalité passée à travers le filtre de concepts construits socialement par nos ancêtres, que ce soit pour gérer les récoltes (dans le second cas) ou pour légitimer l’esclavage, le massacre et l’expropriation de peuples entiers (dans le premier).

En l’occurrence, si le vieillissement est indubitable, il n’y a aucune raison scientifique de postuler les twenty-something et les trentenaires comme des groupes distincts. Et, si l’existence de différences génétiques entre différentes populations est établie, il n’y a aucune raison scientifique de postuler que les individus peuvent être répartis en un nombre finis de catégories appelées races en fonction de leur héritage génétique (il y a une très bonne vidéo d’Esprit Critique sur le sujet).

Bref, dire « tout est construit » ne veut pas dire « tout se vaut ». Si je dis « j’ai vingt-neuf ans », c’est vrai, si je dis « j’ai dix ans », c’est faux.

Je suis Blanc, et je suis bientôt trentenaire.
C’est indubitable, c’est inévitable.
Juste…
La race n’est pas une réalité biologique.
Dawkins devrait arrêter de tenir des propos racistes.
Et mon trentième anniversaire, il sera socialement construit.

Post-Scriptum

(28/01/18 : Je suis tombé sur cet article sur le blog de Baptiste Coulmont, sociologue et maître de conférences à l’université Paris 8. Il y montre que « plus l’on s’éloigne de l’emprise de l’Etat, moins les gens ont un âge. […] Il n’y a d’âge que parce qu’il y a un Etat : l’âge, en années, n’est pas une donnée qui fait sens en dehors de l’emprise de l’Etat. ».

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6 réflexions sur « Je suis presque trentenaire (et je suis Blanc) »

  1. Le problème, comme vous le soulignez, c’est que quand on dit que notre vision de la réalité est construite, plusieurs en profitent pour discréditer toute les données et théories de la science. C’est particulièrement fréquent avec les gens qui ne connaissent rien à la méthode scientifique et qui sont issu des milieux religieux ou des « sciences » sociales.

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    1. Les sciences sociales, vous pouvez les mettre sans guillemets, ce sont des sciences, elles sont valides.
      Et les sciences sociales ne « discréditent » pas « les théories de la science » : elles font avancer la connaissance scientifique.
      Ça se fait toujours en corrigeant les erreurs de ses prédécesseurs.

      Je vous laisse un article où je parle plus longuement de sciences sociales.

      https://blogepervier.wordpress.com/2017/06/28/sciences-politique-2-plus-pres-de-la-frontiere/

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    2. Je pense que l’usage du concept de construction sociale comme rejet des données et des théories de la science est largement sur-évalué (mais ce n’est que mon avis).
      J’ai observé de nombreuses fois des personnes se faire accuser de rejeter la science, alors qu’ils essayaient d’atteindre une meilleure compréhension de la réalité, en tenant compte des éléments scientifiques réels et des biais introduits par l’existence d’une structure sociale. Parfois même dans des débats universitaires. Par exemple le débat entre Pinker et Spelke, où Pinker perd son temps à démonter des théories qui ne sont même pas soutenues par Spelke, simplement parce qu’il n’a pas compris que Spelke n’est pas une idiote rejetant la science, mais va plus loin que lui scientifiquement en incorporant la possibilité de phénomènes plus complexes.
      Je pense qu’il est extrêmement difficile d’affirmer que ce comportement est « particulièrement fréquent », dans la mesure où vous n’avez pas vraiment de contrôle pour distinguer parmi vos observations le nombre d’occurrences correspondant réellement à ce défaut et le nombre d’occurrences où vous avez cru voir ce défaut mais où en réalité il n’a pas été commis.

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