In bed with Gale-Shapley

Le temps passe vite, je n’ai pas écrit depuis décembre. Pour me remettre en selle, j’ai écrit un article plus court que d’habitude qui parle de mathématiques et, aussi, de féminisme. Car oui, nous allons faire de l’algorithmique de genre (avouez que ça claque). Plus exactement, nous allons parler de l’algorithme de Gale-Shapley, ingénieuse solution au problème dit des « mariages stables ». 

Si vous avez suivi les débats autour de la réforme de l’enseignement supérieur (#ParcoursSup), vous avez peut-être entendu parler de cet algorithme : c’est celui qui était utilisé par le logiciel APB (pour décider à quelle fac aurait droit chaque bachelier), et qui est abandonné par la nouvelle réforme. Un choix très critiquable, et très critiqué, principalement parce qu’il va transformer une plateforme injuste en usine à gaz injuste (je vous conseille notamment l’article de Zeste de Savoirs à ce sujet). Parmi les opposants à la réforme, nombreux relaient de telles critiques, en précisant que, personnellement, ils ne comprenaient pas bien les questions algorithmiques qu’il y avait derrière. C’est bien dommage, car ce sont des questions plutôt simples, en réalité assez ludiques, et qui, en plus, font partie des rares questions algorithmiques intéressantes à connaître d’un point de vue féministe.

Assez de raisons pour que je m’empare du sujet et vous présente un petit peu ce qu’il y a à savoir sur l’algorithme de Gale-Shapley, et de manière générale ce problème de mariages stables. On ne parlera pas ici de ce qui était effectivement fait dans la plateforme APB, ni de ce qui sera fait par ParcoursSup, mais des mathématiques qui se cachent derrière. Et dans la bonne humeur. Mais trèves de bavardages, Gale-Shapley, nous voici !

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Quand le sage montre Pluton…

… l’imbécile se demande s’il regarde une planète.

Mon précédent article sur les constructions sociales a provoqué un certain nombre de débats sur les groupes de zététiciens. Je voudrai avancer sur mon propos, mais je n’oublie pas les réflexions qu’il a suscité. J’espère que cet article répondra, au passage, à certaines de vos questions, mais je sais qu’il me restera d’autres explications à faire sur le sujet.

En 2006, l’Union Astronomique Internationale prend une décision au retentissement considérable : Pluton est retirée de la liste des planètes du système solaire. Une décision qui n’a pas été sans controverses, et qui fût considérée comme choquante par la société civile, habituée à considérer qu’il y avait neuf planètes dans le système solaire. Une décision qui a aussi parfois été mal comprise, tant la phrase « Pluton n’est plus une planète » traduit mal ce qui s’est passé en réalité.

Et oui, tout ceci a un lien avec mes histoires de construction sociale, mais je vais d’abord parler un peu de l’histoire de nos planètes. Lire la suite « Quand le sage montre Pluton… »

Sciences & Politique (4) : Le dehors de toute science

Bon, j’ai encore menti, cet article ne sera (toujours pas) le dernier de ma série, et il est fort possible que le prochain ne le sois pas non plus. Je me suis pas mal éloigné de ce que je voulais originellement écrire, mais ce n’est pas plus mal que, plus je continue à peindre, plus les bords du tableau s’éloignent.

Nous en étions à parler de la tension entre une science existant pour elle-même, poursuivant son projet propre de production de savoirs dépolitisés, et une ingénierie, projet de production de savoirs utiles. Nous avons abordé le rôle de l’institution scientifique dans l’arbitrage entre ces deux pôles en tension, et évoqué sa soumission croissante aux impératifs politiques et industriels. En ces temps de domestication de la science, nous allons parler maintenant des résistances populaires qui en résultent. Lire la suite « Sciences & Politique (4) : Le dehors de toute science »